Is there a doctor on the plane ? Imprimer
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Écrit par Anda   
Mercredi, 03 Février 2010 20:18

Une question que je ne pensais pas entendre un jour en vrai. D'ailleurs, croyez-moi sur parole, ça reste quand même plus marrant dans les films...

27 décembre, 19h20, aéroport Charles de Gaulle. Notre vol Paris-Londres est prêt à embarquer. Le rêve commence, dans plus ou moins 24 heures on devrait être à Sydney, après un changement à Londres et une escale technique à Singapour. Quatre semaines de canicule, de sable fin et de voyages nous y attendent.

21h30, aéroport de Londres Heathrow. L'imposant Boeing 787 qui assure le vol Londres-Sydney est prêt à nous accueillir. Pierre-Jo accuse un léger mal de ventre.

22h. L'avion quitte sa place de parking pour un décollage imminent.

22h10. On nous annonce que le personnel du sol a oublié de charger une caisse à bagages. On revient donc au point de stationnement.

22h40. On repart pour la piste de décollage. Les crampes de Pierre-Jo deviennent plus sérieuses, on commence à se demander pourquoi.

22h55. C'est notre tour pour décoller, les hôtesses accrochent leurs ceintures. Pierre-Jo se tortille sur son siège en me disant : "ça va vraiment pas, là". Je cherche donc le bouton pour appeler une hôtesse. Je n'ai malheureusement pas le temps de le trouver, je sens soudain sa tête tomber mollement sur mon épaule. Ses yeux tournent dans le vide, il ne voit plus rien, n'entend plus rien.

23h. A partir de là, le temps se dilate, plus aucune notion de l'heure. Les hôtesses, alertées par mes cris (faute de bouton, on fait comme on peut), se précipitent vers nos sièges. L'avion freine d'un coup sec. On apporte un masque à oxygène, on allonge Pierre-Geo sur les sièges et on lui arrose le front d'eau froide. Sous oxygène, Pierre-Geo retrouve un minimum ses esprits, mais il reste blanc comme un drap et incapable de se redresser. "J'avais l'impression d'être dans un rêve", me dira-t-il plus tard. "Je vous entendais tous de très loin et je vous voyais comme à travers un voile."

Le pilote vient évaluer la situation, il prend la décision de nous ramener au terminal et d'appeler les pompiers. Pierre-Geo a l'air trop faible pour pouvoir supporter un vol de 24 heures.

28 décembre, 06h, hôpital de Hillingdon, Londres. Sept heures, une prise de sang, une radio, une perf, trois electrocardiogrammes, un vomissement et deux nouvelles pertes de connaissance plus tard, le verdict des médecins est ambigu. Rien d'anormal ne ressort des examens, d'ailleurs il commence à reprendre un peu de couleurs aux joues et à pouvoir rester assis plus de 2 minutes sans subir à ses vertiges. Peut-être une huître mangée la veille, peut-être un virus attrapé on ne sait où, peut-être un petit (!) retour de la grippe H1N1 qu'on avait tous les deux affrontée trois semaines auparavant. Mais aucune piste n'est vraiment certaine. Alors si vous vous sentez un peu médecin dans l'âme, n'hésitez pas à nous donner votre avis dans le sondage du moment...

29 décembre, 22h, Caen. Retour à la case départ via l'Eurostar. Pierre-Geo est encore affaibli, il a la tension bien basse et n'arrive toujours pas à manger correctement. Une bonne petite semaine passera avant qu'il ne soit complètement remis. Pile à temps pour prendre le train et filer au stage Equipe de France aux Gets, qu'il regrettait un peu de ne pas pouvoir faire...

PS : rassurez-vous, on a quand même passé un weekend de noces dans le Nord-Cotentin (ça fait rêver, n'est-ce pas ?Cool), puis une semaine de farniente à 25 degrés, sous les palmiers et l'aloe vera des îles Canaries. Quant à l'Australie, on est tous les deux d'accord que ce n'est que partie remise...